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Christophe Kern, à l'entraînement avec Thomas Voeckler et l'équipe de France, l'automne dernier : « Depuis le début de la saison, nous avons dix victoires au compteur, alors tu prends forcément le départ d'une course différemment. » (Photo AFP)
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Christophe Kern (Crédit Agricole) participera, à partir de samedi en Sardaigne, à son deuxième Tour d'Italie. A 26 ans, le coureur de Rittershoffen tentera d'exprimer ses aptitudes pour les épreuves à étapes, dans ce Giro qui fera la part belle à la montagne.
Lorsqu'il a revêtu le maillot du Crédit Agricole en début d'année, il rêvait de disputer deux grands Tours. Sa sélection pour le Tour d'Italie (12 mai - 3 juin), officielle depuis fin avril, lui permet de rester dans les clous et de savourer.
« Je suis vraiment content d'y aller. Nous étions quatre en balance pour les deux dernières places. J'avais très envie de participer à cette course et je suis motivé pour la finir. Nous alignons une belle équipe, avec Pietro Caucchioli et Patrice Halgand qui viseront une place au classement général et en montagne, avec Thor Hushovd pour les sprints. »
En 2005, Christophe Kern avait effectué ses débuts sur le Tour d'Italie dans l'équipe Bouygues. Au fil des jours, il était monté en régime, mais a finalement été contraint à l'abandon à trois jours de l'arrivée, malade et à bout de forces. En septembre de la même année, il avait également disputé le Tour d'Espagne, avant de renoncer, là aussi, à quelques jours du terme alors qu'il était 25e au classement général. L'expérience accumulée lors de ces deux épreuves-là lui sera précieuse aujourd'hui.
« Sur une épreuve du ProTour,
même à 100% de tes moyens,
tu n'es pas sûr de gagner ! »
Ces dernières semaines, le coureur du Crédit Agricole a retrouvé des couleurs et s'est forgé une bonne condition physique, dans le sillage de son papa Richard, avec lequel il s'entraîne régulièrement autour de Rittershoffen.
Après le Tour du Gabon et le Tour de Californie, il n'avait toujours pas été retenu pour disputer Paris-Nice. Entre-temps, il avait été arrêté quelques jours, en raison d'une blessure au coccyx, consécutive à un accrochage avec une voiture lors d'un entraînement. Il a réellement lancé sa saison fin mars au Critérium international à Charleville-Mézières, puis au Circuit de la Sarthe (il finit 26e et 4e de la 3e étape à Mamers), à l'Amstel Gold Race et la semaine dernière dans l'exigeant Tour de Romandie.
« Quand on finit les courses, c'est plus facile, poursuit-il. Si je respecte mon tableau de marche, la forme va arriver. J'étais pas mal sur toutes ces courses-là, à l'Amstel, par exemple, j'ai lâché prise à 25 km de l'arrivée. Mais j'étais content de finir une épreuve d'un tel niveau. Sur une Coupe de France, tu peux gagner même en étant à 80% de tes moyens, en revanche sur une épreuve du ProTour, même à 100%, tu n'es pas sûr de gagner ! »
Même s'il n'a pas encore levé les bras cette année, Christophe Kern évolue dans un autre état d'esprit. Dans l'équipe Crédit Agricole, il a un rôle d'équipier bien défini. « J'aime bien ça, acquiesce-t-il. Sur le Tour de Californie par exemple, sur les 7 étapes, nous pouvions gagner cinq fois avec Thor. Depuis le début de la saison, nous avons dix victoires au compteur, c'est motivant. Tu prends forcément le départ d'une course différemment. »
« Il faudrait des radiations à vie pour que les
choses changent ! »
Le coureur alsacien a suivi attentivement les derniers rebondissements de l'affaire de dopage sanguin Puerto. « Tout cela aurait du se régler depuis bien longtemps, si on avait pris l'ADN des coureurs incriminés, estime-t-il. Au début, je trouvais dommage qu'Ullrich paye seul pour tous les autres. Le fait que le dossier avance est une bonne chose, car le fan de vélo n'y comprend plus rien. C'est comme quand j'ai vu Floyd Landis sur le Tour de Californie... Il était sur la course pour récolter des fonds pour financer sa défense ! Il faudrait des radiations à vie pour que les choses changent ! »
Christophe Kern garde la foi, malgré tout cela.
Christine Lapp
L'équipe du Crédit Agricole sur le Giro : L. Bodrogi, F. Belloti, N. Roche, C. Kern, T. Hushovd, P. Halgand, A. Furlan, J. Dean et P. Caucchioli. Directeur sportif : D. Roux. |