Christophe Kern (Europcar) a confirmé hier l’étendue de son potentiel et sa bonne forme cette saison en devenant le champion de France du contre-la-montre, le premier titre majeur de sa carrière.
Dix jours après sa 6 e place au Dauphiné Libéré qu’il avait marqué d’une victoire d’étape aux Gets, l’Alsacien de 30 ans a devancé de 1:15 Christophe Riblon (AG2R) et Geoffroy Lequatre (Radioshack), départagés pour deux centièmes au terme des 45,2 kilomètres du parcours.
Anthony Roux (FDJ) termine 4 e (à 1:31), Laszlo Bodrogi (TT1) 5 e (à 1:49) et le vice-champion de France et triple vainqueur de l’épreuve (2005, 2006, 2008) Sylvain Chavanel (Quick Step) 6 e (à 1:50). Le tenant du titre Nicolas Vogondy (Cofidis) est 11 e (à 2:45).
3 e en 2006, 2 e en 2008, enfin titré
« C’est un titre qui me fait très plaisir et après lequel je courais depuis longtemps. C’est la marche qui me manquait », s’est réjoui le Wissembourgeois, en référence à sa 2 e place dans le “chrono” national en 2008 et sa 3 e en 2006.
« On disait toujours : “Kern, c’est un gros potentiel, etc”, mais ça faisait quelques années qu’on m’avait oublié, souriait-il. Ca fait plaisir de revenir, d’avoir une période où ça sourit. Le fait d’avoir gagné aux Gets a été un déclic ».
Souvent placé, rarement gagnant, ses seuls faits d’armes étaient jusqu’alors une troisième place aux Mondiaux sur route juniors en 1999, un titre de champion de France Espoirs du contre-la-montre en 2001, une étape du Tour de l’Avenir en 2004 et une deuxième place dans l’étape d’Arcalis au Tour de France 2009.
« Roule vite, on fera les comptes après »
Hier, l’Alsacien est parti en trombe et, malgré les dénivelés et le vent, il a viré en tête aux deux points de chronométrage intermédiaires.
« J’étais énervé parce que l’oreillette ne marchait pas à cinq minutes du départ. Je me suis dit : “Tu fais ton chrono. Roule vite, on fera les comptes après”. Puis j’ai entendu mon père, qui me suivait avec mon entraîneur, dire : “T’as le meilleur temps au premier passage”. C’est mon point faible, je suis toujours en retard au premier intermédiaire. À partir de là, je savais que c’était bon signe », a raconté le coureur passé de l’équipe Cofidis chez Europcar à l’intersaison.
« Pour la première place, il n’y avait pas photo », a reconnu son dauphin Christophe Riblon, qui a grandi dans les pelotons avec lui.
Le Picard, également apparu en forme sur le prologue (8 e) et le contre-la-montre (8 e) du Dauphiné, a devancé pour deux centièmes Geoffroy Lequatre, auteur d’une place sur le podium pour son premier “chrono” national chez les professionnels… mais ne fera pas le Tour de France avec son équipe Radioshack.
Les deux coureurs nourrissent des ambitions pour la course en ligne de dimanche. Kern n’a pas dévoilé les siennes et rêvait déjà « pourquoi pas » d’une victoire d’étape sur le Tour : « Je suis dans la bonne spirale, je vais essayer de la pousser jusqu’à la fin juillet ».
Mais avant cela, « il va être un grand acteur dimanche, il ne sera pas au-delà des 5 ou 10 premiers », a assuré Riblon.
« Par principe, le champion de France a sa place en sélection »
Grâce à ce titre, Christophe Kern rejoint au panthéon des champions de France alsaciens son chef de file et ami Thomas Voeckler (sacré sur route en 2004 et en 2010), Thomas Davy, champion de France espoirs du contre-la-montre en 1991 et les monstres sacrés que sont Roger Hassenforder (deux titres) et Charly Grosskost (6), tous deux couronnés sur la piste dans les années 1960-1070 (poursuite pour le premier, poursuite et omnium pour le second).
Hier, il n’a pas seulement inscrit son nom au palmarès du championnat de France, il a aussi, de fait, gagné sa place pour les Mondiaux de Copenhague (19-25 septembre), Laurent Jalabert, le sélectionneur national, ayant décidé que « Par principe, le champion de France à sa place en sélection. »
Et si, là encore, “Pourquoi pas ?”
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