« Il faut que tu aies confiance, il ne faut pas tu fasses comme à Arcalis. » Quand Christophe Kern est revenu sur le Suisse Oliver Zaugg (Leopard) à un peu plus de trois kilomètres de l’arrivée de cette 5 e étape du Critérium du Dauphiné hier aux Gets, il concède que son manager « Jean-René Bernaudeau a trouvé les mots justes » par l’oreillette pour évacuer le traumatisme de sa 2 e place pyrénéenne du Tour de France 2009. Et quand Zaugg a rattaqué, l’Alsacien n’a pas hésité à se découvrir à moins de trois kilomètres de l’arrivée pour s’en aller cueillir en solitaire sa première victoire au sommet.
« À deux kilomètres de l’arrivée, j’ai commencé à y croire, décrit-il. Au dernier kilomètre, je pensais que je n’avais pas le droit de me faire rattraper. Je voyais la caméra et je pensais à mon père qui devait être fou devant la télé. J’ai tout donné, et j’ai pu souffler au passage de la ligne, c’était un soulagement d’avoir gagné six ans après. » Absent de la plus haute marche des podiums depuis sa victoire d’étape au Tour de l’Avenir en 2004 à Metz, le coureur du Team Europcar a savouré.
« Ça valait le coup d’attendre »
« Ça valait le coup d’attendre, philosophe-t-il. J’ai pensé à tous ceux qui m’aiment et qui me supportent comme ma famille. Et c’est la première fois que je me sens aussi bien dans une équipe, où on m’a gardé la confiance, même quand j’étais blessé. Les gars m’ont protégé dans la plaine. Quand j’ai repris Pierrot (Rolland) à cinq kilomètres, il a roulé à fond pour moi. Et Thomas (Voeckler) a fait un super boulot derrière. »
Et c’est peu de le dire car le maillot de champion de France, faisait figure d’épouvantail face à tous ceux qui tentaient de réduire l’écart. Thomas Voeckler revient sur ce final alsaco-alsacien. « J’ai enlevé l’oreillette, je savais ce que j’avais à faire. Dans ces cas-là, il n’y a pas de stratégie compliquée, il faut aller chercher tous les mecs qui attaquent. Je savais que Christophe ne coincerait pas, c’est quand même un spécialiste de l’effort en solitaire. »
Et la joie était communicative entre Bas-Rhinois, Thomas Voeckler franchissant la ligne d’arrivée au sein d’un groupe, le point levé avec la 3 e place du jour en prime. « On ne peut pas rêver mieux, ça fait plaisir, il le mérite, appuie son charismatique coéquipier. Il a fait énormément de sacrifices, il ne l’a pas volé. Et avec les moyens physiques qu’il a… »
Du coup, Jean-René Bernaudeau a confirmé la participation de Christophe Kern au Tour de France (2-24 juillet). Et l’Alsacien qui a grappillé un rang un général pour pointer 11 e à 3’05’’ du leader britannique Bradley Wiggins (Sky), muscle son discours, à 30 ans. « Ça me donne beaucoup de confiance pour le Tour de France et on va essayer de finir dans le top 10 du Dauphiné ». Que ce soit dès aujourd’hui avec l’arrivée au collet d’Allevard, dimanche à La Toussuire ou au mois de juillet, Christophe Kern n’a peut-être pas encore atteint tous ses sommets…
le 11/06/2011 à 00:00 par Gilles Legeard
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